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J. FLEUREAUX : FORMES ET COULEURS

Jacques FLEUREAUX

Formes et couleurs, hauteur et largeur, très vite surgit un vertige. Des réminiscences accrochent l'œil. On plonge en abyme. Infiniment. Défilent les siècles. Collisions avec les marbres des idoles cycladiques, avec les poutres des barques de toujours, avec les grés polis des plages. Avec les creux du temps et les trous blancs, les remous géants des origines. On plonge vertigineusement avec un message au-delà du langage.

SIGNES ET LANGAGE

Jacques Fleureaux peint cet au-delà du langage. Ou plutôt l'espoir du langage. Ce croire que quelque part existe un lieu secret ou les choses et les sentiments et les idées se comprennent, au sens strict : se comprennent, se prennent ensemble.

Jacques FLEUREAUX

Car ici, l'esprit est sans cesse convoqué. L'œil, bien sur, d'abord explore les infinis brossés en couleurs ocres et brunes et noires et bleues, parcourues de battements et de pulsations et de frémissements, comme juste avant l'orage. Mais, au moment de verser dans la chute, interpellent soudain ces traces, liées, liens, lianes, qui courent comme des écritures abstraites à la surface de l'écume du temps. Aussi indéchiffrables que le linéaire elles semblent pourtant familières, nées d'une main souple ou du staccato de la machine, estampées comme un sceau ou soufflées comme une aurore. Signes. Purs concepts.

PEINTURE ABSTRAITE

Jacques FLEUREAUX

Jacques Fleureaux. Quelle rage intérieure contre les médiocrités doit-il domestiquer pour donner ces tableaux, qui sont aussi des textes, qui délivrent aussi un cri, mais qui ne sont, finalement, abstraits qu'au sens ou les mondes qu'ils décrivent sont loin des yeux.